Quel bilan carbone pour le transport maritime ces dernières années ?

L’AEE (Agence Européenne de l’Environnement) a diffusé début février son rapport environnemental 2025 pour le transport maritime. Économie d’Énergie revient pour vous sur l’impact des chiffres liés à la décarbonation du transport maritime européen et les opportunités présentées par le report modal vers le fluvial en France.

Réglementation
Un bateau cargo quittant quai Réglementation
L’AEE (Agence Européenne de l’Environnement) a diffusé début février son rapport environnemental 2025 pour le transport maritime. Économie d’Énergie revient pour vous sur l’impact des chiffres liés à la décarbonation du transport maritime européen et les opportunités présentées par le report modal vers le fluvial en France.

Bilan carbone du maritime européen : peut mieux faire

Quelques chiffres à tirer du rapport sur les émissions de gaz à effet de serre générées par le secteur : 

  • En 2022, le transport maritime aura émis 137,5 millions de tonnes de CO2, soit :
    • 3 à 4% des émissions de CO2 de l’Union européenne tous secteurs confondus
    • 14,2% des émissions de CO2 du secteur du transport à l’échelle de l’Europe
  • Ce volume est en hausse de 8,5% par rapport à l’année précédente
  • Le fret de marchandises génère 4 fois plus d’émissions que le transport de personnes sur la mer

Néanmoins, ces chiffres affectant le secteur du transport européen ne doivent pas occulter le fait qu’entre 2015 et 2023, les émissions spécifiques ont diminué la plupart du temps : de -7 à -21% selon le type de navire. Et ce, alors même que la charge utile transporté par ces navires a pu dans certains cas augmenter de plus de moitié sur la même période. 

On peut donc en déduire une amélioration de l’efficacité énergétique des navires, cependant insuffisante au regard de divers facteurs tels que l’augmentation des charges transportées ou la hausse du trafic maritime.

Davantage de contraintes réglementaires de la part de l’Union européenne

Depuis quelques années, le Green Deal européen et le paquet Fit for 55 prévoient des mesures contraignantes pour le secteur du transport maritime, en l’intégrant notamment dans le système d’échange de quotas d’émissions (EU ETS) de manière progressive. A compter de cette année, les compagnies maritimes doivent ainsi restituer des quotas pour 40% de leurs émissions déclarées en 2024. Un pourcentage qui grimpera à 70% en 2026 pour les émissions déclarées en 2025, puis à 100% à compter de 2027.

Et depuis le mois de janvier, la régulation FuelEU Maritime contraint les navires à faire diminuer l’intensité des gaz à effet de serre des carburants utilisés de 2% cette année, de 6% d’ici 2030, puis ainsi de suite tous les 5 ans jusqu’à atteindre -80% à horizon 2050. La décarbonation du transport maritime est donc un enjeu d’importance à l’échelle européenne ! Un enjeu qui explique l’amélioration générale de l’efficacité énergétique des navires ces dernières années, bien que cela ne soit pas encore suffisant en raison de l’évolution des pratiques et du trafic maritime.

Il convient par ailleurs de noter que ces réglementations s’appliquent aux navires commerciaux de plus de 5 000 tonnes brutes, dès lors qu’ils font escale dans des ports de l’UE ou de l’espace économique européen. 

Le fret fluvial, levier maritime du report modal en France

Mais alors, qu’en est-il des navires de plus petite envergure, ceux qui voguent sur les fleuves plutôt qu’en mer ? Leur usage est-il lui aussi responsable de plus fortes émissions ? La réponse est non, et c’est même le contraire : aujourd’hui, le fret fluvial est plutôt considéré comme un mode de transport bas carbone. Concrètement, le report modal vers les voies fluviales constitue désormais une alternative aux modes de transports routiers de marchandises, et un véritable levier de la transition écologique.

D’ailleurs, pour s’aligner sur les mesures du Green Deal européen, la France a pris la décision de viser une augmentation de 50% du trafic fluvial dans le transport intérieur de marchandises d’ici 2030. Son ambition est inscrite dans l’article 131 de la loi Climat et Résilience, en phase avec la SNBC (Stratégie Nationale Bas Carbone) et la SNP (Stratégie Nationale Portuaire).

Pour y parvenir, l’Etat entend multiplier par 3 le transport combiné dans le transport de marchandises, en allouant à son développement un budget de 47 millions d’euros jusqu’en 2030 (cela inclut aussi le fret ferroviaire). Et par ailleurs, le dispositif des CEE (Certificats d’Economies d’Energie) vient soutenir les projets de report modal fleuve-route.

Décarboner le transport fluvial : l’expertise d’Économie d’Énergie

De nombreux équipements offrent aujourd’hui la possibilité aux transporteurs de se tourner vers le fluvial pour décarboner leur activité. C’est le cas, par exemple, des unités de transport intermodal pour le transport combiné fleuve-route, des automoteurs fluviaux ou encore des barges fluviales. L’avantage pour les acteurs du transport ? Tous ces équipements de report modal sont soutenus financièrement par les CEE.

Et cela tombe bien : Économie d’Énergie, acteur historique de la rénovation énergétique et filiale de La Poste, accompagne depuis plus de 14 ans les acteurs du transport dans leurs projets d’efficacité énergétique. De l’estimation des économies d’énergie potentielles au versement des primes, nos experts vous accompagnent dans la valorisation des CEE. N’hésitez donc pas à nous contacter !

Et si vous voulez en savoir plus au sujet du rapport de l’AEE sur le transport maritime, n’hésitez pas à le consulter en cliquant sur ce lien.